Le Président Félix Tshisekedi appelle à la promotion d’un partenariat Russie-Afrique mutuellement avantageux

Kinshasa, 24 octobre 2019 (ACP).- Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé jeudi, à un partenariat  Russie-Afrique mutuellement avantageux, dans son allocution prononcée jeudi, au sommet Russie-Afrique organisé du 23 au 24 octobre, à Sotchi, en Russie.

Selon le Président Félix Tshisekedi, le forum économique Russie-Afrique était judicieux pour réfléchir sur les orientations nouvelles et fortes dans les relations économiques entre la Russie et l’Afrique.

« Ces assises de Sotchi ne seront qu’un succès dans la mesure où la mise en œuvre de leurs résolutions permettra notamment l’installation des usines locales de transformation dans les secteurs des industries extractives et de l’agro-alimentaire, le transfert de technologies, la modernisation des infrastructures et l’accessibilité au financement innovant des investissements », a expliqué le Chef de l’Etat.

Le Chef de l’Etat a officiellement invité le Président de la Fédération de Russie à venir en RDC en 2021, a-t-on lu dans le compte twitter de la Présidence de la République.

Ouverture au monde, principe directeur de la politique étrangère de la RDC

« Les impératifs de coopération et de développement ont conduit mon pays à adopter le bon voisinage et l’ouverture au monde  comme principe directeur de notre politique étrangère qui met l’intérêt supérieur de l’homme congolais au centre de partenariats porteurs de croissance forte et inclusive », a affirmé le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Il a fait savoir que la RDC mesure l’importance des dialogues de civilisations et du respect de souveraineté nationale, poursuivant qu’elle a été longtemps victime de reculs et de conflits socio-économiques.

Les efforts des pays africains pour le développement et le mieux être social sont sérieusement handicapés, a-t-il fait remarquer, par manque de vision politique commune et concertée. Il a ajouté que  le forum de Sotchi devra répondre aux attentes des parties prenantes pour un partenariat bénéfique pour la Russie et l’Afrique.

La RDC demeure un maillot important dans le développement de l’Afrique 

« Du fait de sa population, de sa superficie, de son écosystème, de ses ressources du sol et du sous-sol et de son potentiel hydro-électrique, la RDC qui partage ses frontières avec neuf pays, demeure un maillot important dans le développement de l’Afrique », a souligné le Président de la République, signalant par ailleurs, que selon la BAD, l’Afrique a besoin d’important investissement situé entre 130 et 170 milliards Us par an avec un gap de 68 à 108 milliards Us.

La forte dépendance au secteur minier n’a été propice, a-t-il dit, à l’émergence des économies africaines, avant de préciser que en RDC, entre 2010 et 2014, les entreprises minières et pétrolières ont mobilisé de revenus de l’ordre de 48 milliards et demi Us, alors que le pays en tirait que 6 milliards de revenus.

« Les multinationales investissent continuellement en RDC comme dans les autres pays africains à haut potentiel minier, il est cependant surprenant de constater qu’elles sont peu sensibles au sirène entretenu par les médias dominants à l’échelle mondiale qui dépeignent le continent comme le réservoir de tous les malheurs, la zone rouge de tous les investisseurs », a indiqué le Chef de l’Etat.

Le primat de l’agriculture sur les mines

« Le modèle de développement durable que je choisis consacre le primat de l’agriculture sur les mines », a affirmé le Chef de l’Etat, soulignant que  le Lac Tanganyika, le plus poissonneux, le deuxième au monde par le volume et la profondeur, avec ses 120 millions d’hectares de terres arables,  peut permettre à la RDC d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et nourrir deux milliards de personnes en résorbant ainsi deux fois le déficit alimentaire mondial.

Le chemin qui amène de la pauvreté au bien-être a été balisé, a-t-il dit, par les agendas 2030 des Nations unies et 2063 de l’Union africaine auxquels s’ajoute le lancement de la Zone de libre échange pour lequel l’Afrique sollicite l’accompagnement de la Communauté internationale  en général, et de la Russie en particulier.

Partisan d’un nouvel ordre politique, d’un nouvel ordre mondial plus équilibré  et plus inclusif, je m’associe à la volonté exprimée pour demander que la Russie réintègre le G7, a indiqué le Président de la République, poursuivant que l’Afrique attend demeurer en dehors des rivalités de grandes puissances. ACP/

La réunion de Sotchi décide de la création du Forum du partenariat Russie – Afrique

Kinshasa, 24 octobre 2019 (ACP).- Les Chefs d’État et de gouvernement de la Fédération de Russie et des États africains reconnus par l’Organisation des Nations Unies et les représentants des organisations économiques régionales africaines de premier plan, ont, dans une déclaration publiée à l’issue du premier sommet Russie-Afrique , tenu jeudi à Sotchi, en Russie, décidé de la création du Forum du partenariat Russie – Afrique afin de coordonner le développement des relations russo-africaines.

Selon la déclaration, ce Forum va également déterminer, comme son organe suprême,  le sommet Russie – Afrique qui sera convoqué tous les trois ans.

Pendant la période entre les sommets, le Forum va organiser  en Russie des consultations politiques annuelles entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des États africains qui sont présidents actuel, précédent et prochain de l’Union africaine. 

Collaboration étroite selon les principe de la Charte des Nations Unies

Concernant la coopération politique, les participants au sommet Russie – Afrique  ont notamment décidé  de développer un dialogue équitable en tenant compte des intérêts de la Russie et des États africains sur la base d’un ordre mondial polycentrique, de collaborer étroitement dans la réalisation des buts et des principes de la Charte des Nations Unies ainsi que de coordonner les efforts dans le domaine de la réforme des Nations Unies, y compris son Conseil de sécurité, et du renforcement des capacités des Nations Unies pour faire face aux défis et aux menaces mondiaux, qu’ils soient actuels ou à venir.   

Ils se sont également prononcés sur l’intensification  des contacts interparlementaires russo-africains, la coordination  des efforts pour assurer la prise des décisions et l’adoption des résolutions favorables pour la Russie et les États africains au cours des événements parlementaires internationaux.

Ils ont aussi pris la décision de développer des contacts interpersonnels entre la Russie et les États africains en profitant des possibilités offertes par les organisations non-gouvernementales et les différents forums, y compris ceux de jeunesse.

Coordonner les efforts dans la lutte contre le terrorisme international

Dans le secteur de la sécurité, les participants au sommet Russie – Afrique  ont décidé de développer la coopération pour combattre le terrorisme international sous toutes ses formes ainsi que l’extrémisme, la criminalité transnationale, le trafic illicite des stupéfiants , des substances psychotropes et de leurs précurseurs.

Ils se sont aussi résolus à coordonner les efforts et échanger l’expérience dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, y compris dans le cadre des programmes communs pour le renforcement des capacités des États africains intéressés et du personnel de maintien de la paix, réalisés dans les établissements de formation spécialisée de la Russie et des États africains.

Ils ont consenti à coopérer afin d’assurer l’intégrité, la viabilité et l’universalisation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ainsi qu’à entreprendre des efforts communs visant à la prévention de la course aux armements dans l’espace.

Ils ont également décidé d’intensifier la coopération dans le domaine de reconstruction et de développement après-conflit sur le continent africain par la réalisation des programmes du renforcement des capacités et des projets d’infrastructure.

Ils ont pris la décision de coopérer dans le domaine des technologies d’information et de communications en se basant sur la nécessité de travailler davantage sous l’égide des Nations Unies sur les règles du comportement responsable des États dans l’espace informationnel fixant les principes de non-recours à la force, de respect de la souveraineté d’État, de non-ingérence dans les affaires intérieures des États et prévoyant l’utilisation de ces technologies uniquement à des fins pacifiques, et soutenir également les efforts de la communauté internationale visant à la prévention des conflits dans l’espace informationnel et à la réduction de la « fracture numérique ».

Conjuguer les efforts pour faciliter le commerce

En matière économique et commerciale, les participants au sommet Russie – Afrique  ont décidé notamment d’unir les efforts pour faciliter le commerce, les investissements et le développement durable afin de donner un caractère plus social au système économique global.

Ils se sont aussi résolus à soutenir le régime du commerce mondial basé sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce ainsi qu’à soutenir les entrepreneurs russes et africains dans leur exploration des voies de coopération mutuellement avantageuse.  

Ils ont pris la décision de faire des efforts pour augmenter considérablement le chiffre d’affaires entre la Fédération de Russie et les États africains ainsi que de favoriser  le développement de la coopération commerciale et économique entre la Communauté économique eurasienne et les États africains.

Ils ont consenti à faciliter le développement de la coopération pour assurer la sécurité énergétique, y compris la diversification des ressources énergétiques, l’utilisation des énergies renouvelables et la mise en œuvre des projets conjoints dans le domaine de l’énergie nucléaire civile.

Ils ont aussi décidé de poursuivre l’interaction mutuellement avantageuse dans le domaine pétrolier et gazier.

Soutien au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États

Sur le plan judiciaire, les participants au sommet Russie – Afrique  ont décidé de soutenir le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États et condamner en tant que violation de ce principe toute ingérence de certains États dans les affaires intérieures d’autres États afin d’organiser la destitution des gouvernements légitimes.

Ils ont souligné l’importance permanente pour la Fédération de Russie et les États africains du principe universellement reconnu de l’égalité en droits et de l’autodétermination des peuples, devenu le cadre juridique du processus de décolonisation.  

Amélioration de  la coopération dans le domaine des projets conjoints de recherche scientifique

Sur les plan scientifique, technique, humanitaire et informatique,  les participants au sommet Russie – Afrique  ont décidé de faciliter la coopération dans le domaine des projets conjoints de recherche scientifique, l’élargissement de contacts entre les universités et les centres de recherche majeurs de la Fédération de Russie et des États africains, l’organisation des conférences et des séminaires scientifiques, encourager les échanges ultérieurs, l’enseignement conjoint, la coopération dans la sphère académique, culturelle, de l’éducation, des technologies, du sport, de la santé, du tourisme et des médias.

Ils ont pris la décision de renforcer les systèmes nationaux de la santé publique et augmenter leur fiabilité et stabilité dans la lutte contre les épidémies, les pandémies et les autres problèmes dans le domaine de la santé publique. 

Ils ont examiné la possibilité de la coopération dans le domaine de la prévention et de la gestion des catastrophes naturelles et des épidémies, discuté les moyens de renforcer la coopération dans tels domaines que l’aide humanitaire, la lutte contre le changement climatique, la sécheresse et la désertification, la prévention et la gestion des catastrophes, aussi bien que le suivi et la prévision des situations d’urgence.

Ils se sont également résolus d’élargir la coopération dans la sphère de l’information, y compris le renforcement des relations entre les médias nationaux, les échanges de contenu, la formation, y compris continue, des journalistes, les contacts à travers les ministères et les agences concernés.

Intensification des efforts contre le changement climatique en Afrique

Concernant l’environnement,  les participants au sommet Russie – Afrique  ont décidé notamment d’intensifier  les efforts pour lutter contre le changement climatique en Afrique, assurer le transfert des technologies pertinentes, renforcer les capacités et élargir les possibilités des États africains pour améliorer leur viabilité et la capacité d’adaptation aux conséquences négatives du changement climatique.

Ils ont salué les résultats du Sommet sur le changement climatique tenu le 23 septembre 2019 à New York sur l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies et soutenir l’appel commun à l’action visant à assurer l’adaptation et la résistance des États aux conséquences négatives du changement climatique. Encourager les pays à se joindre à cet appel et à prendre des mesures pertinentes, surtout en Afrique.

Ils ont appelé à un processus ciblé et compréhensif pour le réapprovisionnement des ressources du Fonds vert pour le climat et à l’intensification des efforts pour lutter contre le changement climatique, tout en soulignant que le financement des mesures pour la lutte contre le changement climatique ne doit pas entraîner l’augmentation de la dette des États, surtout des États africains, ni menacer leur souveraineté.

Les pays francophones de l’Afrique soutiennent l’organisation des 9èmes jeux de la francophonie en RDC

Kinshasa 25 oct. 2019(ACP).– L’ambassadeur de la République Tunisienne en RDC, Bouzekri Rmili a indiqué que les pays  francophones  de l’Afrique  soutiennent la République Démocratique du Congo  dans l’organisation des 9èmes jeux de la francophonie  de 2021 et  la Tunisie pour la tenue en 2020 du 20ème sommet de la francophonie, au cours de l’audience que lui a accordée le ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, intégration régionale et francophonie, Me Pépin Guillaume Manjolo, dans son cabinet de travail.

Bouzekri Rmili a souligné que cette rencontre avait pour but d’échanger les idées afin de voir dans quelle mesure les pays  francophones peuvent aider et  coopérer avec la RDC dans plusieurs domaines notamment  l’éducation, la femme, la jeunesse et l’emploi.

« Il y aura beaucoup des choses à faire pour la réussite de ces jeux mais nous attendons d’abord la réunion de Monaco qui est prévue du 28 au 31 octobre 2019 et qui va accorder officiellement l’organisation des jeux de la en RDC et après nous verrons la suite. Car nous savons que la RDC a déjà organisé le sommet de la francophonie en 2012 et cela était un grand succès et cela sera le même pour les jeux   », a-t-il relevé.

Plaidoyer pour la scolarisation obligatoire des enfants vivant avec handicap et albinisme

Kinshasa, 26 octobre 2019 (ACP).- Le responsable du Centre intercommunautaire congolais pour les personnes vivant avec handicap, direction du Kasaï Central (CICPHKC) a fait un plaidoyer dans sa correspondance adressée au ministre délégué des personnes vivant avec handicap délégué afin de suggérer au gouvernement de prendre des mesures rigoureuses rendant obligatoire l’éducation en faveur des enfants vivant avec handicap.

Dans cette correspondance, dont une copie est parvenue jeudi à l’ACP, le responsable de ce centre préconise qu’une information judiciaire soit ouverte à charge de tout parent qui garderait son enfant vivant avec handicap ou albinisme à la maison pendant la saison scolaire.

Il a exprimé en outre, ses regrets de constater que 70% des élèves de cette catégorie, se trouvent dans des mauvaises conditions d’études par rapport à leurs condisciples.

Ils sont pour la plupart victimes de certaines mesures prises par la direction de leurs écoles respectives et le paiement de leurs frais scolaires pose problème, indique cette correspondance.

Dans le souci  de connaitre le taux réel de fréquentation scolaire des enfants vivants  avec handicap et albinisme, ce centre avait diligenté une enquête dans 123 écoles primaires et secondaires de la ville de Kananga au Kasaï Central.

Il ressort de cette enquête menée du 9 au 30 septembre, 365 élèves vivant avec handicap et albinisme ont été identifiés dans 123 écoles des communes de cette ville.

30 juin 2019 : Message du Chef de l’Etat à la Nation

Chers Compatriotes,

Ce 30 juin 2019, la République Démocratique du Congo va commémorer le 59ème anniversaire de son indépendance.

Dans de circonstances normales, nous nous serions réjouis tous ensemble en évoquant notamment les hauts faits des femmes et des hommes qui se sont sacrifiés pour que notre pays puisse accéder à la souveraineté nationale et internationale.
Tout en ayant une pensée pour ceux des pionniers de l’indépendance qui nous ont quittés et ceux qui sont encore en vie, les Congolaises et les Congolais ne peuvent que se rendre à l’évidence : cinq mois après mon accession à la Magistrature

Suprême, je ne peux nier que notre pays fait encore face à des défis majeurs. Ils sont énormes certes, mais pas insurmontables.

La problématique de l’insécurité récurrente dans certaines parties du territoire national, principalement dans les provinces de l’Ituri du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Tanganyika, du Kasaï et du Kasaï-central est très préoccupante. Je fais du rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire, ma priorité car il y va de la survie de centaines de milliers de compatriotes, de la stabilité des institutions établies, de la relance économique et du climat de paix avec tous nos voisins.

En attendant la mise en place imminente du Gouvernement de la République, je n’ai pas croisé les bras.

Après la passation de pouvoir, je me suis rendu à Lubumbashi pour prendre des mesures à même d’endiguer le banditisme qui faisait rage dans cette ville et mettre fin aux tracasseries existant au poste frontalier.

Je me suis ensuite rendu dans la province du Nord Kivu, plus précisément à Goma et Béni pour faire l’état des lieux de l’insécurité grandissante et de la persistance de l’épidémie à virus Ebola.

J’ai terminé ce premier périple à l’intérieur du pays par la ville de Kisangani. Partout où je suis passé, je me suis rendu compte que nos compatriotes vivent dans la peur du lendemain à cause de l’insécurité.

Et en ce qui concerne Béni et Butembo, comme si cela ne suffisait pas, le drame humanitaire que constitue cette épidémie à virus Ebola est venu s’ajouter à ce tableau déjà très sombre.

Les derniers cas de résurgence d’insécurité en Ituri m’affectent profondément car ils constituent un grand recul en matière de pacification.

C’est ainsi que je viens d’ordonner à nos forces armées de mener des opérations de grande envergure dans les territoires de Djugu et Mahagi. Ces opérations vont s’étendre à Minembwe dans le Sud Kivu pour mettre définitivement fin aux aventures de tous les hors la loi qui endeuillent nos populations et sèment la désolation dans cette partie du pays.

Nous saluons les nombreuses redditions des groupes armés observées depuis notre accession à la Magistrature Suprême. Le Gouvernement en concertation avec la MONUSCO est en train d’étudier le cadre adéquat pour leur prise en charge en vue de leur réinsertion dans la société.

Nous lançons un vibrant appel aux groupes armés encore actifs à déposer les armes pour bénéficier des avantages de ce nouveau cadre de Démobilisation, Désarmement et Réinsertion (D.D.R).

L’insécurité est aussi et surtout le fait des groupes armés étrangers. Un plan de leur éradication totale est en train d’être discuté avec la MONUSCO et les pays voisins concernés.

Chers compatriotes,

En signe de solidarité avec nos compatriotes de Beni, Bunia, Mahagi, Djugu, Butembo, des villes environnantes et des autres contrées du pays, touchées par l’insécurité, j’ai décidé de commémorer ce 30 juin dans la province de l’Ituri. Ma présence dans cette province s’explique par un souci de compassion envers des milliers de familles congolaises endeuillées.

Chers compatriotes,

Mon propos d’aujourd’hui ne constitue pas un bilan à mi parcours du Chef de l’État. Cependant, il est de bon ton, après cinq mois à la tête du pays, que je vous dise ce qui revient à l’actif de mon administration.
S’agissant du social, j’ai entrepris dans le domaine de la santé, de mettre en œuvre des mesures qui produiront des effets bénéfiques à l’ensemble de la population, à court terme.

Ces mesures sont mises en place de manière progressive. Il en est ainsi de la gratuité des soins médicaux au profit de nos hommes de troupes, ce qui constitue un prélude à la couverture maladie universelle que j’ai annoncée et à laquelle plusieurs partenaires extérieurs ont adhéré, promettant leur accompagnement.

Pour renforcer la lutte contre le virus Ebola, j’ai créé un comité de coordination nationale placé directement sous la tutelle de la Présidence, qui réunit, outre le ministère de la santé, des experts congolais dont la renommée en la matière est reconnue au delà de nos frontières.

Je ne ménagerai aucun effort pour enrayer ce fléau. C’est pourquoi aux actions du Gouvernement, j’ai décidé d’associer les leaders politiques locaux et ceux de la société civile. Car ce combat nous concerne tous.

La problématique de l’eau et de l’électricité à Kinshasa et dans l’arrière-pays se doit d’être définitivement résolue. A Kinshasa, la capitale, certains travaux d’aménagement de modules de traitement d’eau sont à terme et d’autres, en cours de finition. C’est le cas, pour ne citer que ces exemples, de la station de Lemba Imbu, tout comme la reprise en alimentation d’eau au Camp militaire de Kitona dans la province du Kongo central, après plusieurs décennies de pénurie.

Dans le domaine des infrastructures, les travaux en cours, sur l’étendue du territoire national, en particulier des routes et ponts d’intérêt général, démontrent ma détermination à favoriser l’intégration nationale et les échanges entre les provinces.
Dans les centres urbains, la ville de Kinshasa a donné le ton avec la construction des travaux d’aménagement, notamment des sauts-de-mouton en vue de débarrasser la capitale de ses interminables embouteillages.

En ce qui concerne la réhabilitation des routes, plusieurs ouvrages sont en voie d’être achevés à Kinshasa et dans les provinces, comme j’ai pu m’en rendre compte personnellement lors de ma visite dans la Tshopo où j’ai inauguré deux ponts d’intérêt national.

Des travaux de grande envergure ont été confiés à l’office des routes dans toutes les 26 provinces. Et à l’office des voiries et drainage (OVD) en ce qui concerne Kinshasa et les principales villes

S’agissant des travaux en province, ils concernent la réhabilitation et la réouverture des routes d’intérêt général mais aussi la remise en état des ouvrages de franchissement, c’est-à-dire ponts et bacs.

Nous construisons ces routes et ces ouvrages de franchissement pour une meilleure circulation des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national, ce qui va induire une véritable intégration nationale sur le plan économique. Les produits vivriers seront ainsi facilement acheminés des milieux ruraux où ils sont produits vers les grands centres urbains. Les échanges entre les différentes provinces selon leurs spécificités et spécialités vont entrainer l’embellie de notre économie aujourd’hui fortement extravertie.

Mon objectif à terme est d’assurer l’autosuffisance alimentaire à toutes les congolaises et à tous les congolais. Il est en effet incompréhensible que la République Démocratique du Congo, dotée d’innombrables ressources naturelles tels que des terres arables, des fleuves et rivières poissonneux, des pâturages puisse importer la quasi totalité des biens de première nécessité. Le même élan sera poursuivi pour certaines mesures préconisées, concernant notamment la baisse des prix des denrées alimentaires.

Pour ce qui est des volets politiques et des Droits de l’homme, je me réjouis avec l’ensemble des Congolais que notre pays ait connu sa première alternance pacifique et historique, à l’issue des élections du 30 décembre 2018.
Le mérite revient en premier lieu au peuple congolais qui est allé accomplir son devoir civique dans la paix.

Ensuite l’attitude affichée par mon prédécesseur à propos de l’alternance pacifique a été très déterminante pour le maintien de la paix et de la stabilité dans notre pays. Enfin, le rôle joué par les acteurs nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral a été tout aussi primordial.

Concernant les libertés publiques, je ne vous cacherai pas ma satisfaction d’avoir permis la concrétisation de la décrispation politique telle que stipulée dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Les exilés politiques sont de retour, les réunions et manifestations politiques se tiennent sans aucune entrave. Je tiens à vous rassurer sur ce c

apitre que, les choses iront de mieux en mieux dans le strict respect des lois de la République et de l’établissement d’un état de droit.

Nous n’avons plus de cachots privés dans notre pays, nos pénitenciers se vident de leurs prisonniers politiques et d’opinion : plus de 700 prisonniers ont pu être relaxés, comme vous avez pu vous en rendre compte avec la libération, notamment de certains cas dits emblématiques.

Et pour respecter les standards dans le milieu carcéral, j’ai décidé de l’assainissement des prisons qui sont devenues de véritables mouroirs et de l’augmentation de leur capacité d’accueil.

C’est dans ce cadre que les travaux entamés au niveau du centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK) communément appelé « Prison de Makala » constituent la première étape.

Si toutes les manifestations politiques qui se sont tenues jusqu’à ce jour n’ont connu aucun mort, aucune arrestation dans les rangs des manifestants, il est cependant déplorable de constater que ce sont des éléments de la police nationale qui se retrouvent agressés ou grièvement blessés.

C’est le cas de la dernière manifestation, qui s’est tenue le 23 juin dernier à Kinshasa. Je me suis rendu au chevet des victimes d’actes de vandalisme commis par des inciviques, des manifestants mal encadrés qui n’ont pas hésité à s’attaquer aux ouvrages publics, aux paisibles citoyens et à leurs biens.

Ceci doit prendre fin et la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur, car je refuse que certains leaders mal intentionnés puissent confondre démocratie et anarchie.
Pour renforcer la protection des droits humains, j’ai créé récemment un organisme chargé de lutter contre la traite de l’être humain.

Toujours sous ce chapitre, il n’est pas vain de signaler que toutes les tendances politiques ont désormais accès aux médias officiels notamment la Radio et Télévision Nationale Congolaise (RTNC).

Mes chers compatriotes,

Cinq mois après mon avènement au pouvoir, je ne peux produire de miracle, c’est pourquoi, je fais appel au patriotisme de tout un chacun pour les nombreuses réformes à réaliser en vue de répondre aux besoins multiples et variés de la population.
Si nous adhérons tous à la vision selon laquelle tout doit être fait et revenir d’abord au peuple, celui-ci a aussi sa part de responsabilité, particulièrement dans le changement des mentalités.

Dès lors, je vous exhorte tous à regarder dans la même direction. Notre pays ne pourrait qu’en retirer le plus grand bien. De nouvelles opportunités s’offriront aux Congolais.

À la faveur de l’amélioration en cours du climat des affaires, la diversification de notre économie attirera de nouveaux investisseurs. Des emplois seront créés au profit des chômeurs et surtout de nos jeunes.

Chers compatriotes,

Enfin, s’agissant de la Diplomatie et de la coopération régionale dès ma prise de fonction, j’ai procédé à la réouverture de la Maison Schengen pour normaliser nos relations avec l’Union Européenne qui est un partenaire traditionnel de notre pays.
J’ai organisé un premier déjeuner diplomatique, j’ai décidé d’échanger régulièrement avec tous les ambassadeurs accrédités dans mon pays.

C’est dans ce cadre que j’ai reçu au mois de février dernier tous les ambassadeurs pour partager avec eux ma vision en politique étrangère. Dans ce même cadre, j’ai tenu à mettre en place des « déjeuners diplomatiques » dont le premier s’est tenu avec les ambassadeurs de l’Union Européenne et du Canada. Cet exercice va se poursuivre avec les ambassadeurs des autres pays.
Dans ce domaine, ma politique sera celle de l’ouverture au monde dans un partenariat gagnant-gagnant.

Quant à la coopération régionale, la position géographique de mon pays, situé au carrefour de plusieurs organisations sous régionales, lui confère un rôle majeur dans l’intégration africaine préconisée par tous les Chefs d’état regroupés au sein de l’Union africaine.

L’intégration africaine étant l’objectif ultime, j’ai entamé des voyages au niveau de la région pour partager cette idée avec mes pairs. Cette démarche consiste à réaliser d’abord l’intégration au niveau de chaque sous région, avant sa consolidation au niveau continental.

C’est dans ce cadre que mes visites m’ont déjà permis d’échanger avec les Chefs d’état de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie, de la Zambie, de l’Angola, et du Congo en ce qui concerne nos voisins. A cette liste s’ajoutent mes fructueuses rencontres avec les Chefs d’état du Kenya, de la Namibie, d’Afrique du Sud, du Gabon et de la Guinée-équatoriale.

Avec les uns et les autres nous avons conclu que nous n’atteindrons pas cet objectif d’intégration africaine et du développement de notre continent, si nous ne menons pas un combat farouche contre l’insécurité et les différents conflits qui déstabilisent l’Afrique.

Ceci n’est possible que par la construction d’infrastructures transnationales : les routes, les chemins de fer, les voies aériennes, les voies fluviales et maritimes et par l’élimination des barrières douanières.

Toujours sur ce chapitre de la diplomatie, je voudrais aussi souligner mon dernier passage à Washington où j’ai eu des discussions avec Directrice générale du Fonds Monétaire International. Ces discussions ont débouché sur une mission de cette institution à Kinshasa au titre de l’article 4. Le rapport de cette mission augure la reprise des programmes avec le FMI, qui est une bonne chose pour l’économie de mon pays.

Avec la Banque Africaine du Développement, je voudrais remercier ici le Président de cette institution, mon frère Akinwumi Adesina. Au cours de nos échanges il a clairement indiqué sa satisfaction concernant l’assainissement du cadre macroéconomique et a également promis le soutien de son institution aux différents projets de mon pays.

Je voudrais aussi dire qu’au niveau de la Banque Mondiale, je viens de recevoir à Lubumbashi, le vice-président de cette institution financière internationale avec qui nous avons partagé des vues communes sur la reprise de leurs programmes en RDC.

Chers compatriotes,

Après avoir dressé ce constat à mi-parcours dans les domaines étayés, je vous annonce ma détermination à engager le Gouvernement à réponde aux attentes de la population par des réformes nécessaires au développement de notre pays.

Ainsi la promotion des droits de la femme et un critère qui rentre en compte pour ce faire. C’est pourquoi je demanderai au Parlement de réfléchir sur un système de quota aussi bien dans les assemblées électives que dans l’administration, à réserver d’emblée aux femmes afin de renforcer leur participation active dans la société.
De la même manière, je prendrais des mesures pour lutter contre le chômage des jeunes.

Des mesures incitatives seront prises en faveur des entreprises qui vont employer des jeunes. Un fonds de garantie sera créer pour leur permettre d’accéder aux crédits bancaires tout en bénéficiant d’un accompagnement dans la gestion de leurs projets.
J’envisage également une profonde restructuration du Service National, et le renforcement du rôle de l’INPP (Institut National de Préparation professionnelle) pour prendre en charge les jeunes désoeuvrés et favoriser leur réinsertion dans la société.
Chers compatriotes,

La lutte contre la corruption et en faveur de la bonne administration de la justice sont des gages de bonne gouvernance. Sans une justice équitable, il est inutile de parler d’État de droit. « La Justice élève une nation » dit-on ! Cette parole biblique doit nous inspirer dans notre quête d’une justice juste qui serait rendue par des juges intègres.
Je prends l’engagement et réitère, en tant que Magistrat Suprême, mon vœu de nommer des hommes et des femmes intègres afin qu’ils redorent le blason terni de notre justice.

Une autre grande réforme devra viser le système électoral dans la mesure où celui qui est en vigueur a montré ses limites, plus précisément en ce qui concerne le mode de désignation des sénateurs et des gouverneurs.

Chers compatriotes,

Au moment où nous déplorons l’insécurité dans les 6 provinces précitées, voilà qu’un autre drame vient durement assombrir cette journée anniversaire de l’indépendance avec l’effondrement d’une mine à Kolwezi qui a causé plusieurs morts parmi nos concitoyens.

Après avoir ordonné une assistance aux familles éplorées, je leur présente mes condoléances les plus attristées. Je viens de diligenter une enquête pour établir les responsabilités dans ce drame.

Chers compatriotes,

Ce 30 juin est le premier que je célèbre avec vous en tant que Chef de l’état. Je l’ai voulu moins fastueux et plus dans la méditation et la prière. Ce qui nous permet à tous de faire l’état des lieux afin de mieux nous projeter dans l’avenir. Un avenir que je veux radieux et prospère pour tous les Congolais.
Que vive la République Démocratique du Congo. Que Dieu bénisse notre pays et son peuple.

Je vous remercie

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