La RD Congo vend son énergie et son potentiel agricole à Londres

La RD Congo vend son énergie et son potentiel agricole à Londres

La RD Congo vend son énergie et son potentiel agricole à Londres

Le premier Global Africa Investment Summit à Londres a été nettement dominé par la présence des pays anglophones. Rare exception, la RD Congo a présenté plusieurs projets à la communauté financière dont Inga III et le parc de Bukanga-Lonzo.
À Londres, le 20 octobre, l’ouverture du Global Africa Investment Summit a été marquée par la présence de quatre dirigeants politiques africains anglophones. Paul Kagame (Rwanda), John Dramani Mahama (Ghana), Yoweri Kaguta Museveni (Ouganda) et Mizengo Pinda, Premier ministre de Tanzanie, ont exposé pendant plus d’une heure à un parterre de plusieurs centaines d’investisseurs et financiers les opportunités d’investissement dans leurs pays. Marquant par leur présence l’importance de l’événement pour eux.
Rencontres directes
Mais la principale originalité de ce sommet, qui doit se clore ce mardi 21 octobre, tient non pas dans ces sessions et conférences plutôt convenues, réservant peu de surprises, mais dans l’organisation de rencontres directes entre les porteurs de projets (gouvernements comme acteurs privés) et les investisseurs internationaux basés dans la capitale britannique. Des rencontres en comité réduit, qui se tiennent hors du regard des journalistes.
En tout, selon les organisateurs du sommet, 136 projets seront présentés représentant plus de 200 milliards de dollars. Pour l’essentiel en Afrique anglophone.
L’exception RD Congo
Parmi les rares exceptions, la RD Congo, qui a dépêché sur place plusieurs personnalités, dont Bruno Kapandji Kalala, ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, et plusieurs conseillers gouvernementaux.
Objectif : présenter à la communauté financière non le climat des affaires et la situation économique en RD Congo, qui restent très difficiles, mais des projets précis.
Les deux principaux sont Inga III et le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Selon nos informations, le ministre a présenté le 20 octobre dans la matinée l’immense projet de barrage hydro-électrique devant une quinzaine d’investisseurs. “Un petit comité qui a un peu déçu le ministre par son nombre”, souligne un proche, “mais pas par la qualité, les présents étant très intéressés par ce projet” dont le besoin de financement s’élèverait à 12 milliards de dollars, mais qui bénéficie de la certitude de voir la moitié de sa production vendue à l’Afrique du Sud.
Potentiel agricole
Le projet de Bukanga-Lonzo devait quant à lui être présenté ce 21 octobre par John Ulimwengu, conseiller à la Primature. Ce parc situé à 220 kilomètres à l’est de Kinshasa est un élément très important de la politique du gouvernement d’Augustin Matata Ponyo en faveur de la renaissance agricole de la RD Congo et de la diversification économique du pays.
Inauguré en juillet dernier par le président Joseph Kabila, il a bénéficié du soutien de l’État à hauteur de 83 millions de dollars. Géré par Africom, un consortium sud-africain incluant notamment Triumph SA (qui pilote aussi un projet d’usine d’engrais dans le pays), “ce parc n’est pas une ferme publique et sa deuxième phase, qui nécessite au minimum 300 millions de dollars, sera financée par des partenaires privés”, a expliqué John Ulimwengu à Jeune Afrique.
L’objectif est de trouver pour chaque métier (légumes, aliments pour bétail, export sur les marchés internationaux, élevage, etc) qui sera développé sur les 80 000 hectares du parc un partenaire stratégique. “Ce n’est pas un projet sur papier”, souligne John Ulimwengu. “À ce jour, 2 200 hectares de maïs ont déjà été plantés et 5 000 le seront d’ici à quelques semaines. Cela produira au moins 25 000 tonnes de maïs l’année prochaine”.
Le manque d’infrastructures
Selon John Ulimwengu, le gouvernement s’est donné 5 ans pour sécuriser le développement de ce parc, le premier parmi une vingtaine d’autres qui pourrait être développés à travers le pays.
Puissance minière, la RD Congo devrait importer en 2014 environ 1,5 milliard de dollars de produits alimentaires.
Le pays regorge de terres arables disponibles mais si les investisseurs tardent à les mettre en valeur, c’est notamment en raison du manque d’infrastructures afin d’importer les intrants mais aussi d’acheminer les productions vers les zones de consommation.
Et également parce que, jusqu’à récemment, l’agriculture ne semblait pas figurer parmi les priorités de l’État. En mai 2013, le gouvernement a adopté le Plan national d’investissement agricole.
Jeune Afrique

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