VŒUX DE NOUVEL AN 2021 par l’Ambassadeur Marie Ndjeka

Marie Ndjeka, Ambassadeur

Chers compatriotes du Royaume-Uni, de l’Irlande, de la Finlande et de la Norvège, comme le veut la tradition, la fin de l’année est un moment de réflexion, de faire le bilan et de prendre des résolutions pour l’année suivante. 

On se souviendra que la pandémie de Coronavirus, qui a mis le monde entier à genoux, a durement touché notre communauté, particulièrement celle vivant au Royaume-Uni. Plusieurs membres de famille, amis ou connaissances ont été arrachés à notre affection au cours de l’année qui s’achève.

Point n’est donc besoin de nous rappeler qu’il est très important de continuer à nous protéger les uns les autres en respectant scrupuleusement les gestes barrières.

Ayons une pensée pieuse à toutes les personnes qui nous ont quittés en 2020 à cause de la pandémie.

Vous vous souviendrez que, dans le but de conscientiser nos compatriotes sur la responsabilité qui nous incombe de bâtir réellement une communauté solidement unie, l’Ambassade avait initié et mis en place un groupe de réflexion dénommé « Dynamique Congolaise de UK ».

Ce groupe est constitué de frères et sœurs Dirigeants de la Communauté Congolaise du Royaume-Uni. Il devra s’étendre à l’Irlande, la Finlande et la Norvège en vue de s’occuper, entre autres, de l’éducation de nos enfants.

A l’aube de l’année nouvelle, j’exhorte les dirigeants concernés à s’inspirer de l’ébauche du travail déjà mise sur la table pour reprendre les activités de ce groupe et atteindre nos objectifs en 2021, malgré les défis auxquels nous faisons face à cause de la pandémie. 

En conjuguant nos efforts, nous pourrons mettre sur pied une structure, un centre d’encadrement des jeunes et contribuer à assurer ainsi à nos enfants un avenir meilleur. 

En union de pensées et d’esprits, nous pourrons réaliser notre objectif qui est de former une vraie communauté congolaise unie. 

Dans son discours prononcé lundi 29 juin 2020, à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de notre pays, le Président de la République, SEM Félix Tshisekedi, prône l’unité de tous les Congolais. Il a invité toutes les filles et tous les fils du Congo à rester « unis par le sort ». 

Le Président de la République était revenu sur son appel à l’unité lors son discours sur l’Etat de la nation devant le Parlement réuni en Congrès le 14 décembre 2020. Cela prouve à suffisance l’impact que l’unité joue dans la réalisation de tout projet de société.

C’est donc dans l’unité que nous parviendrons à réaliser notre objectif car c’est en restant unis dans notre diversité que nous pourrons nous rendre utiles à notre pays.

Je vous remercie d’avoir accepté d’accompagner l’Ambassade dans cette initiative pour le bien de notre communauté vivant au Royaume-Uni.

Je vous souhaite à tous une excellente Année 2021 ! Qu’elle vous apporte joie, bonheur, santé, prospérité et qu’elle permette la réalisation de tous vos désirs et de vos projets les plus chers, y compris la « Dynamique Congolaise de UK » notre projet commun.

Bonne et Heureuse année 2021

Marie Ndjeka

Ambassadeur

Le Chef de l’Etat annonce la nomination d’un informateur

Le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a annoncé ce dimanche la nomination d’un informateur, conformément aux dispositions de l’article 78 alinéa 2 de la Constitution. Celui-ci aura pour mission principale d’identifier clairement la majorité à l’Assemblée nationale. Cette annonce intervient à l’issue des consultations des différentes forces du pays qu’il a eues à mener pendant environ trois semaines.

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, A L’ISSUE DES CONSULTATIONS PRESIDENTIELLES DE NOVEMBRE 2020

Congolaises, Congolais, mes Très Chers Compatriotes, 

Comme je vous l’ai promis le 23 octobre dernier, Me voici devant vous pour vous rendre compte du résultat des consultations que j’ai engagées depuis le 2 novembre dernier, ainsi que des décisions qui en découlent. 

Près de trois semaines durant, avec les représentants des différentes forces politiques et sociales du pays, j’ai eu le privilège d’aborder les sujets les plus préoccupants pour l’avenir de notre pays. J’ai recueilli des memoranda, cahiers de charges, notes, projets et autres courriers aussi bien individuels que collectifs. 

J’ai été impressionné par la clarté des analyses et recommandations de mes différents interlocuteurs. 

Une fois de plus, j’ai ressenti l’immense douleur, doublée de révolte, de mes compatriotes face à la situation d’instabilité et de guerre larvée qui perdure dans une partie du pays ;  j’ai été anéanti par les témoignages renouvelés des victimes d’atrocités ; j’ai mesuré la soif, exprimée par tous, d’une démocratie exemplaire et d’un véritable Etat de droit ; j’ai compris que notre peuple et la majorité de ses élites, ne supportent plus d’être pris en otage par le cancer de la corruption, des traitements discriminatoires, des discours creux et démagogiques ; j’ai ressenti la lassitude de nombre d’entre vous, toujours plus impatients de voir des résultats concrets sur le front socioéconomique changer leur quotidien et celui de leurs enfants. J’ai pris bonne note des attentes précises de chaque catégorie consultée, ainsi que celles spécifiques aux différentes provinces.                                 

J’ai aussi été marqué par votre reconnaissance des efforts consentis pour trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels nous faisons face. J’en suis d’ailleurs ragaillardi. 

A tous ceux que j’ai eu l’honneur de rencontrer, j’adresse mes remerciements les plus patriotiques. Je remercie également chacun d’entre vous qui n’avez pas pu participer directement à ces consultations, mais qui avez manifesté un grand enthousiasme pour cet exercice démocratique. 

Je suis très fier de constater que les uns et les autres partagent largement avec moi les mêmes aspirations pour notre pays ; tous veulent voir émerger un Congo nouveau entamant résolument sa marche vers le progrès. 

Mes chers compatriotes, 

La responsabilité qui est la mienne est de rassembler tous les Congolais et de les faire progresser. Le devoir constitutionnel qui m’incombe est celui d’être le garant de la Nation et d’assurer le bon fonctionnement des institutions de la République.  

Nous traversons en cette période un tournant décisif de notre construction démocratique. Ce moment nous confère un devoir collectif ; celui du sursaut ! Un vrai sursaut démocratique, que nous devons porter partout sur notre territoire, pour anéantir les desseins des cyniques, pour réveiller les somnambules, et pour barrer le passage à celles et ceux qui portent la haine et la honte dans notre pays. Je veux le faire avec vous, autour de principes, de valeurs, de et d’actions. Actions pour le redressement moral de notre Nation, pour sa réhabilitation sécuritaire, économique et sociale. Pour atteindre chaque Congolais dans son vécu quotidien, et que, in fine, personne ne soit laissé pour compte. 

Mes chers compatriotes, 

Je vous ai consulté et vous m’avez parlé. 

De tout ce qui m’a été rapporté, individuellement ou collectivement, il se dégage une large convergence de vues au niveau national sur les questions essentielles. 

Vous m’avez parlé de la paix et de la sécurité, j’ai retenu comme propositions :  

  • Etablir une administration appropriée dans les zones en proie à l’instabilité et aux conflits (Cas de Beni et Butembo notamment) ; 
  • Impliquer davantage les communautés des zones affectées dans les processus de pacification ; 
  • Proscrire strictement l’incorporation des rebelles au sein de l’armée régulière ; 
  • Appliquer rigoureusement les dispositions pénales contre le viol ;  
  • Lancer dans les meilleurs délais la campagne tolérance zéro contre les violences basées sur le genre ;  
  • Consacrer plus de ressources à la prise en charge des victimes d’atrocités ; 
  • Exercer notre devoir de mémoire par des symboles, actes et initiatives pérennes, afin que de telles calamités ne se reproduisent plus ; 
  • Recourir aux instruments de justice transitionnelle pour bâtir le chemin de la réconciliation et de la paix ; 
  • Obtenir de la communauté internationale et des Nations unies en particulier, le soutien à l’initiative visant l’établissement d’un tribunal pénal international et de chambres spécialisées mixtes en RDC ; 
  • Poursuivre la réforme de l’armée, de la police et des services spécialisés ; 
  • Obtenir la levée de l’embargo contre la RDC en matière d’achat d’armes et autres équipements militaires ; 
  • Revoir les lois qui tendent à protéger tous ceux qui ont commis des crimes graves se rapportant aux droits de l’homme et autres crimes économiques ; 
  • Fusionner les programmes de DDR et STAREC pour la réinsertion des démobilisés vers des activités économiques et d’intérêt public, loin du métier des armes ; 
  • Réorganiser les marchés locaux des minerais afin de réduire le lien entre conflits armés et exploitation minière ; 
  • Elaborer et mettre en œuvre un plan de rapatriement urgent des Mbororo dans leur pays d’origine. ; 

Sur le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, j’ai noté qu’il faut : 

  • Mettre fin à l’Accord de coalition CACH-FCC, considéré comme la raison principale à la base du blocage actuel ; 
  • Dissoudre l’Assemblée Nationale ; 
  • Assurer et pérenniser le processus d’alternance démocratique au sommet de l’Etat ; 
  • Opérer, sur la base d’un large consensus, des réformes constitutionnelles portant sur le mode de scrutin ou le seuil minimum aux élections législatives nationales, la rétrocession aux provinces afin de rendre effective la décentralisation, la loi sur la nationalité afin de permettre aux nombreux concitoyens de la diaspora de conserver, selon le cas, la nationalité congolaise d’origine ; 
  • Renforcer la caisse de péréquation ; 
  • Ouvrir un débat en vue de la réintroduction de l’élection présidentielle au suffrage universel direct à la majorité absolue (deux tours) et, le cas échéant, verrouiller ces dispositions dans une révision constitutionnelle ; 
  • Réhabiliter les partis politiques dans leur rôle de principaux moteurs de la démocratie et acteurs de la vie parlementaire, en lieu et place des regroupements politiques, conformément à l’esprit et à la lettre de la Constitution, notamment son article 6 ;  
  • Réduire la taille du gouvernement ; 
  • Accorder à chaque groupe parlementaire constitué au sein des deux chambres, des plages horaires gratuites et équitables au sein de la chaine de télévision publique parlementaire, pour y défendre leurs opinions, idées ou activités; 
  • En 2023, organiser les premières élections locales en même temps que les élections nationales ; 
  • Changer le mode de scrutin des Gouverneurs de provinces et des Sénateurs ; 
  • Accélérer la désignation du porte-parole de l’opposition ; 
  • Supprimer le Ministère de la Décentralisation et réintégrer sa fonction au sein du Ministère de l’Intérieur ; 
  • Dépolitiser l’Administration du territoire en privilégiant les critères d’ancienneté et de compétence dans la nomination des administrateurs des territoires, ainsi que promouvoir la nomination des non-originaires ;  
  • Procéder à l’identification des citoyens Congolais et résidents étrangers, et délivrer de nouvelles cartes d’identité sécurisées avant fin 2022 ; 
  • Assurer le vote pour les Congolais de l’étranger aux prochaines élections nationales ; 
  • Créer des sièges pour les Congolais de l’étranger à l’Assemblée nationale ; 

Pour organiser des élections crédibles dans le délai constitutionnel, vous avez souligné l’urgence de : 

  • Réaliser le recensement de la population dans des délais raisonnables ; 
  • Réformer la loi électorale et la CENI avant la désignation de ses membres ; 
  • Constituer des provisions budgétaires annuelles pour le financement des élections. 

Sur l’indépendance et la bonne administration de la justice, vous avez relevé qu’il faut : 

  • Mettre en place un programme de recrutement de nouveaux magistrats et de formation continue intensive pour les magistrats en fonction ; 
  • Améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats et sanctionner sévèrement les magistrats qui abuseraient de leur position ; 
  • Renforcer le respect de la loi, intensifier la lutte contre la corruption et autres antivaleurs, ainsi que la lutte contre la criminalité économique, notamment par la création d’un parquet financier ; 
  • Protéger, par une loi, les lanceurs d’alerte, en vue de juguler l’enrichissement sans cause ; 
  • Procéder à la mise en place des responsables de la Cour des comptes et à la prestation de serment de ses magistrats;  
  • Initier et poursuivre les enquêtes judiciaires sur différents dossiers. 

Parlant de l’amélioration des finances publiques et du climat des affaires, vous avez suggéré qu’il faut :  

  • Intensifier les efforts visant une meilleure cohérence fiscale et traquer tous les abus préjudiciables à l’efficacité et au climat des affaires ;
  • Mettre fin à l’impunité et renforcer la législation pénale afin que tout détournement en bande organisée de la paie des fonctionnaires, civils ou militaires, soit assimilé à un acte de haute trahison et sévèrement puni ; 
  • Réduire le nombre et le volume de nos représentations diplomatiques à l’étranger et les renforcer en capacités humaines en matière de coopération et de partenariats économiques ;         
  • Réduire le train de vie des institutions politiques et interdire strictement toute augmentation des salaires en leur sein, jusqu’à la réalisation intégrale du Contrat social de l’innovation, dit Accord de Mbudi, qui tarde à se matérialiser depuis sa signature en 2004 ; 
  • Mettre en place un système de déclaration annuelle d’impôts pour les personnes physiques ; 
  • Réformer les lois et règlements sur les exonérations et les compensations fiscales et parafiscales ; 
  • Opérationnaliser effectivement l’identifiant fiscal unique pour les personnes physiques et morales ; 
  • Renforcer la synergie entre les régies financières, et accroitre le recours à la digitalisation, en vue de mieux maitriser la base fiscale et mieux combattre la fraude ; 
  • Sécuriser les contrats et le droit de propriété, en particulier en ce qui concerne les titres fonciers et immobiliers ; 
  • Combattre l’évasion des primes d’assurance et instaurer un système de pénalités dissuasif ; 
  • Renforcer le contrôle des structures des prix des produits de base et sanctionner toutes les formes d’abus conduisant à des hausses injustifiées des prix au consommateur ou un manque à gagner à l’Etat ; 
  • Créer une véritable banque nationale de développement ; 
  • Créer une banque agricole en vue de répondre aux besoins spécifiques de financement de ce secteur ; 
  • Créer une banque de l’habitat en vue de promouvoir le crédit hypothécaire en RDC ; 
  • Accélérer la mise en place de dispositifs de contrôle en vue de mettre fin au coulage des recettes à nos différentes frontières ; 
  • Diversifier notre économique par le développement de l’agriculture et la création de zones agro-industrielles ; 
  • Faire émarger au budget de l’Etat certaines catégories de recettes, notamment les bonus, réalisés par les entreprises étatiques ;  
  • Poursuivre la politique de stabilité du cadre macroéconomique.  

Pour mieux planifier notre développement et bâtir nos infrastructures, vous avez souligné la nécessité de 

  • Procéder sans délais à l’application du Plan National Stratégique de Développement (PNSD), le rendre plus centré, plus opérationnel et l’assortir d’une liste de projets et actions prioritaires ; 
  • Doter chaque province d’un Plan de développement Local cohérent, en phase avec les priorités nationales et assorti des capacités pour sa mise en œuvre ; 
  • Réécrire la loi sur le petit commerce, afin de garantir l’exclusivité aux nationaux ; 
  • Valoriser et protéger nos actifs miniers, grâce à un programme de certification minière, en vue de mieux soutenir le financement de nos infrastructures et la mise en valeur de notre économie ; 
  • Construire davantage de logements sociaux ; 
  • Renforcer les règles de construction et d’urbanisation ; 
  • Renforcer la lutte anti-érosions sur l’ensemble du territoire ;  
  • Réformer la loi sur les marchés publics pour la rendre mieux adaptée aux contraintes et spécificités nationales et faciliter l’exécution rapide et fiable des projets ; 
  • Finaliser le cadre légal de mise en œuvre des Partenariats Public Privé pour permettre l’accélération des réformes et des grands projets de développement du pays ;  
  • Renforcer la culture et la pratique de l’évaluation à tous les niveaux, y compris pour les membres, de la présidence, du gouvernement central, les gouvernements provinciaux et les mandataires publics ;  
  • Fixer des objectifs précis de desserte des populations en eau potable, en énergie électrique, en infrastructures de transport, et en assurer un suivi rapproché au plus haut niveau du Gouvernement ; 
  • Promouvoir l’écologie et la protection de l’environnement ; 
  • Organiser dans les tous prochains mois, dans un format à définir, une conférence des bailleurs de fonds publics et investisseurs privés, pour la mise en œuvre rapide et efficace des priorités nationales.  

Afin de promouvoir l’émergence d’un Congolais nouveau en investissant davantage dans le capital humain vous avez proposé de :  

  • Concrétiser la promesse de la couverture santé universelle par sa mise en œuvre immédiate et progressive ; 
  • Construire et réhabiliter les hôpitaux et les centres de santé ; 
  • Financer les recherches médicales et médicinales, promouvoir l’industrie pharmaceutique locale et le recours aux médicaments génériques ; 
  • Assurer un suivi plus rigoureux de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire et la suppression de la prise en charge par les parents et en rendre régulièrement compte ; traquer et punir sévèrement tous les abus et actes de sabotage dans ce domaine ; 
  • Combattre la corruption dans les écoles, instituts supérieurs et universités ; 
  • Rendre efficace le cadre déontologique des enseignants ; 
  • Améliorer la condition de l’enseignant ; 
  • Promouvoir l’enseignement technique et professionnel par un dialogue renforcé et des actions concertées avec les acteurs du secteur privé et de la société civile ; 
  • Redynamiser le système de gestion des bourses d’études nationales et internationales ; 
  • Réviser les programmes scolaires de l’enseignement national ; 
  • Promouvoir la culture, les arts et les sports comme vecteur de modélisation de l’homme Congolais en investissant notamment dans les infrastructures et la réhabilitation de l’économie culturelle. 

Pour donner de l’emploi et une vraie perspective de vie à la jeunesse, vous avez suggéré de :

  • Combattre l’exclusion, l’extrême pauvreté et la vulnérabilité partout où elles se manifestent, car les enfants et les jeunes en sont les principales victimes ; 
  • Mettre en place, avec les autorités provinciales et locales, une véritable politique multidimensionnelle de lutte contre le désœuvrement des jeunes et le phénomène des enfants des rues ; 
  • Mettre en place, conjointement avec le secteur privé, un programme visant la mise à niveau, la diversification et le développement de l’offre de formation professionnelle (y compris l’entrepreneuriat) sur toute l’étendue du territoire national ; 
  • Accélérer la mise en place du Fonds de garantie pour les jeunes entrepreneurs ; 
  • Garantir, par la loi, un quota de participation des jeunes entrepreneurs aux grands marchés publics ; 
  • Adopter, sans délais, le projet de loi révisant la loi agricole de 2013 ; 
  • Faciliter l’accès au foncier agricole pour les jeunes producteurs ruraux ; 
  • Faciliter aux jeunes l’accès aux différentes formes de crédit à des conditions avantageuses. 

Quant à la promotion des droits de la femme, vous avez insisté sur la nécessité de :  

  • Renforcer les incitations en faveur d’une plus grande participation des femmes aux compétitions électorales ; 
  • Veiller à une meilleure représentation des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises et institutions publiques ; 
  • Promouvoir, par des initiatives spécifiques, l’entreprenariat des femmes. 

Mes chers compatriotes, 

L’engouement suscité par les consultations ayant dépassé toutes les prévisions, je ne saurai être exhaustif dans cette énumération. Qu’à cela ne tienne, toutes ces attentes, ces interrogations, ces inquiétudes, cette lassitude, cette colère exprimées, mais aussi les sujets de satisfaction, ont été pris en compte et ont fait l’objet de ma profonde réflexion.  

J’en ai retenu que d’une part, le Gouvernement de coalition institué au lendemain de l’alternance politique intervenue en janvier 2019 n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel vous m’aviez porté à la magistrature suprême, et que d’autre part, il n’a pas été capable de répondre aux attentes et aux aspirations de notre peuple. 

Vous avez un rôle immense pour aider à corriger les excès du passé, et veiller à ce que nous ayons un Congo plus efficace, plus démocratique et plus solidaire. Nous y œuvrerons ensemble. 

Aussi devons-nous cultiver chaque jour et à chaque instant le vivre ensemble sur des valeurs d’égalité de traitement entre les citoyens, d’équité et de solidarité dans le partage des richesses nationales, ainsi que de justice pour tous. 

Nous devons également renforcer les piliers de la cohésion nationale et la législation, en réprimant plus sévèrement les actes et propos incitant à la haine tribale, aux discriminations en tout genre et au séparatisme. 

Mes Très Chers Compatriotes,

Cela dit, vos contributions devront conduire ainsi à de profondes réformes. 

La femme, la jeunesse et le monde de la culture doivent y jouer un rôle intense. La culture et l’éducation, sont les piliers sur lesquels se construit le développement et le progrès, la création et l’innovation. 

L’implication et la responsabilité des femmes dans ce combat vaut son pesant d’or. Ne dit-on pas que partout où l’homme a dégradé la femme, il s’est dégradé lui-même. 

Nous avons à construire la société que notre jeunesse mérite. 

Mes Très Chers Compatriotes, 

Au-delà du large consensus sur les objectifs de la gouvernance ainsi plébiscités par les forces vives de la Nation et par de nombreux élus, ces consultations ont également mis en évidence, à une écrasante majorité, le rejet de la coalition entre le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le Changement. 

Cette triste conclusion intervient après deux années d’efforts inlassables, de patience et d’abnégation pour préserver l’essentiel au sein de la coalition. Deux années de grâce qui n’auront malheureusement pas réussi à éviter une situation de crise persistante et de défiance inacceptable entre les institutions de la République dont je suis le seul garant.  

Ba ndeko ba bolingo, bana mboka, 

Lisanga ya bana Congo ekatisa mikakatano ebele, kasi Congo na biso etikala kaka na bomoko. 

Etumba oyo ezali ya kobimisa ekolo nabiso na bobola na bozangi. 

Bitumba yasolo esengeli kobunda, ezali ya kosilisa moyibi na kaniaka na mboka na biso. 

Toboyi bokabuani na bitumba oyo toyebeli ntina te ! 

Na sengi na bino banso tosangana mpo to bimisa mboka ya ba koko na biso na etumbu oyo.  

Mes Très Chers Compatriotes, 

Ceci n’est pas seulement un discours, c’est un appel à la mobilisation générale face à la dégradation de la situation de notre pays, voulue et orchestrée par les fossoyeurs de la République. 

Mes Très Chers Compatriotes, 

Comme j’ai eu à vous le dire le 23 octobre dernier, nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement.  

Je ne peux en conséquence me résoudre à demeurer dans le statu quo et l’immobilisme.  

Le temps n’est plus propice aux atermoiements, ni aux discussions stériles, ni encore moins aux intérêts partisans. Les replis tactiques et les combats d’arrièregarde n’ont plus aucun sens.  

Ce moment historique nous impose de prendre nos responsabilités, en vue d’instaurer un Etat de droit et de démocratie, conformément à la mission que vous m’avez confiée, et dont je mesure la grandeur. 

C’est pourquoi, j’ai décidé de faire porter le grand projet de refondation du pays par l’ensemble des forces vives politiques et sociales que compte notre pays, au sein d’une Union Sacrée de la Nation.

Par Union Sacrée, j’entends une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il s’agit d’adhérer aux principes, valeurs et cadre programmatique dont je viens de fixer ici les grandes lignes. 

Ainsi pour rendre effectives et concrétiser les réformes envisagées, la majorité parlementaire actuelle s’étant effritée, une nouvelle majorité est nécessaire. 

En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale. 

C’est avec cette nouvelle coalition que le Gouvernement qui sera mis en place au plus vite, conduira son action durant le reste du quinquennat, suivant Ma vision, dans le but de répondre aux aspirations du peuple. 

Au cas contraire, fort de ce que les raisons de dissolution sont réunies en ce qu’il existe effectivement une crise persistante, cristallisée notamment par le refus du parlement de soutenir certaines initiatives du Gouvernement, comme ce fut le cas lors de la prestation de serment des membres de la Cour Constitutionnelle, j’userai des prérogatives constitutionnelles qui me sont reconnues, pour revenir vers vous, peuple souverain, et vous demander cette majorité. 

Mes Très Chers Compatriotes, 

Forces vives de la Nation,  

Députés nationaux et Sénateurs,  

Le moment est ainsi venu de réunir toutes les bonnes volontés, quelles que soient leurs origines politiques, idéologiques ou ethniques pour donner un nouvel élan à notre destin national dans l’Union Sacrée de la Nation, et que le Congo, notre cher et beau pays, dont le peuple est le bouclier et la force de dissuasion, cesse d’être un problème pour nous-mêmes et pour le monde. 

Wandugu wapenzi musimame, kazi ya inchi ina anza ! 

Ba mpangi ya luzolo, beno telama, kisalu me banda ! 

Bana betu basuibue, jukayi, mudimu wa bangi ! 

Bandeko babolingo, bana mboka, bino banso boteleme, mosala ebandi !           

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !  

Je vous remercie. 

Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO 

Le Président Félix Tshisekedi appelle à la solidarité africaine pour combattre les forces terroristes dans l’est de la RDC

Kinshasa, 27 octobre (ACP).- le Président  de la République, Félix  Antoine Tshisekedi Tshilombo,  a lancé  mardi, du haut de la tribune du Palais de Congrès  de  Brazzaville,  un appel à l’engagement  et à la solidarité  africaine   afin d’éradiquer  les forces négatives et terroristes  qui sèment  la désolation  dans la partie Est de la République démocratique du Congo.

Le Chef de l’Etat   a fait ce plaidoyer, mardi, à Brazzaville en République du Congo, dans son allocution, à l’ouverture  du colloque  sur les 80 ans   du Manifeste de Brazzaville, capitale  de la France Libre ouvert ce matin.

Pour  le Président Tshisekedi,  la RDC partage aussi l’histoire  commune de cette commémoration.

En effet, a-t-il précisé, le Congo belge  n’était  pas en reste à  ce qui se passait en Afrique Équatoriale Française.

«  Le Général  de Gaulle s’était  exprimé  à  partir de la Radio de Léopoldville pour déclencher la résistance », a-t-il rappelé, soulignant que le Congo fut le premier pays étranger à  recevoir  le Général de Gaulle comme un Chef d’Etat.

Invités  à  cette activité mémorielle  de  l’histoire franco- africaine, les Présidents de la RDC, du  Tchad, de la RCA  et  les Premiers ministres  du Gabon et du Cameroun ainsi que  le ministre  français  de l’Europe  et des Affaires étrangères tout comme la secrétaire  général de l’OIF,  Louise Mushikiwabo et le président  de la fondation  Charles de Gaulle,  Hervé  Gaymard,  ont chacun fait la restitution de la vérité  historique  sur le rôle  joué  par Brazzaville  pour restaurer l’honneur  et l’Indépendance  de la France, une histoire  occultée et méconnue  des générations actuelles.

Le manifeste de Brazzaville est le point de départ du processus de décolonisation des pays africains

Le Président Denis Sassou Nguesso,  hôte de ce colloque, a, dans son allocution,  relevé  que le manifeste de Brazzaville est le point de départ du processus de décolonisation des pays africains.

« A la suite de l’invasion de la France par l’Allemagne Nazie,  le Général de Gaulle, depuis son refuge de Londres lança à  travers la BBC, la résistance et créa la France libre avec Brazzaville  comme capitale. Ainsi, Brazzaville  se rallia à la cause  de la France Libre. Des milliers  de combattants partirent avec enthousiasme se battre jusqu’à  la victoire »,  a-t-il rappelé.

Le Président Sassou Nguesso  a aussi affirmé  que pour tout ce que l’Afrique a donné au monde et particulièrement à l’Europe, elle mérite une place en tant que membre  du conseil de sécurité des Nations-Unies avec  droit de véto.

De son côté, le ministre  Jean Yves Ledrian a reconnu  que Brazzaville est parmi les lieux de mémoire qui compte pour son pays car, a-t-il dit, il ya 80 ans, le sort  de son  pays y était décidé.

«  Nous vous devons une partie  de notre souveraineté », a conclu le patron de la diplomatie française.

De son côté, le président  de la fondation  Charles de Gaulle,  Hervé Gaymard a corroboré ces propos en indiquant que  Brazzaville fut  « le refuge de la souveraineté de la  France ».

Organisé  dans un contexte particulier  de COVID-19, le colloque de Brazzaville avait pris toutes les dispositions  protocolaires sanitaires pour préserver la santé  des participants recrutés  parmi les Chefs d’Etat et de gouvernement, des personnalités  politiques  et autres scientifiques  venus de plusieurs pays.

ACP/Fng/Zng/May/GGK

Le Président Félix Tshisekedi décide de créer une union sacrée de la Nation

Kinshasa, 23 oct. 2020 (ACP).- Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a décidé d’entamer, dès la semaine prochaine, une série de contacts visant à consulter les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs, afin de recueillir leurs opinions à l’effet de créer une union sacrée de la Nation  autour des objectifs majeurs de son mandat.

Le Chef de l’Etat, l’a annoncé vendredi,  dans son discours à la Nation, retransmis en direct à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC).

Voici, ci-dessous,  l’intégralité de son adresse :

Congolaises, Congolais, Mes Chers compatriotes,

En ce jour de vendredi 23 octobre 2020, je m’adresse à vous, souverain primaire dans un contexte exceptionnel  en rapport avec la situation politique  que connait notre pays.

Le contexte de fragilité de notre pays, de même que les résultats  électoraux de janvier 2019, nous ont forcé à élargir nos rassemblements  pour nous unir au delà de nos familles politiques traditionnelles. Cet effort de recomposition a touché aussi bien le pouvoir sortant que  l’ancienne opposition, ce qui a conduit à une situation inédite où des adversaires farouches d’hier sont devenus des allés.

Nous avions choisi de gérer le pays  au sein d’une coalition qui semblait constituer  la solution idoine pour sortir le pays de ses différentes crises récurrentes et préserver les acquis de l’alternance.

Malheureusement près de deux ans  après, les divergences qui persistent entre les parties signataires de cet accord plombent les ailes de l’espoir de notre envol vers le développement.

Ces divergences portent  notamment sur les questions relatives    à la paix et à la sécurité nationale, à la  Commission électorale  nationale indépendante, à l’organisation des élections,   à la gestion du portefeuille de l’Etat, à la territoriale, à la diplomatie, à l’indépendance de la justice, à l’instauration de l’Etat de droit qui sont un enjeu majeur pour notre Nation.

L’importance de ces questions me convainc qu’elles ne doivent être laissées à la merci d’un seul groupe politique, elle nécessite un large consensus national.

Mes Chers compatriotes, 

La tâche que vous m’avez confiée est immense. Elle comporte dans l’urgence les objectifs ci-après :

  • Rétablir la paix là où elle est compromise et la consolider là où elle existe ;
  • Construire la démocratie ;
  • Organiser les élections crédibles dans le délai constitutionnel ;
  • Renforcer l’état de droit ;
  • Bâtir nos infrastructures ;
  • Assurer la santé à nos populations ;
  • Garantir l’éducation de nos enfants ;
  • Donner une perspective économique à notre jeunesse ; et
  • Promouvoir davantage les droits des femmes.

Face à l’ampleur de ce défi, le peuple congolais n’accordera aucun pardon à ceux qui, dans la classe politique, s’évertueront à créer ou à entretenir des entraves au progrès, animés qu’ils sont par une simple stratégie de survie politique ou de positionnement individuel par la haine tribale, la rancœur ou par la poursuite de la prédation en toute impunité.

A ce propos, je salue les efforts d’abnégation de ceux qui, dans tous les camps, se sont démarqués de ces antivaleurs.

Mes chers compatriotes, 

L’Etat de droit que nous voulons, vient d’être conforté par la prestation de serment de trois juges constitutionnels ; ce qui, désormais, assure à cette juridiction un fonctionnement régulier.

Mes chers compatriotes,

La restauration de l’Etat de droit dans notre pays  n’est pas un leurre, mais le fruit d’une ferme volonté politique, du reste coulée dans le programme du gouvernement tel qu’adopté par le Parlement. Il demeure vrai que sa mise en œuvre énerve certains nostalgiques, habitués à l’impunité et aux traitements de faveur.

Ceci étant, le partage des valeurs liées à l’Etat de droit et à la justice constitue la condition sine qua non de tout partenariat aux actions de mon mandat.

Mes chers compatriotes,

Chaque année, plus de 2 millions d’enfants congolais naissent et s’ajoutent  au nombre déjà important de notre population. Nous sommes individuellement et collectivement responsables de leur destin. Nous ne pouvons laisser leur avenir à la merci de pesanteurs ou écueils inhérents aux pratiques politiciennes, qui retardent ou affaiblissent la réalisation du programme pour lequel vous m’avez élu.

En tant que Chef de l’Etat, Représentant de la Nation et Symbole de l’unité national, j’assure, par mon arbitrage, en vertu de l’article 69 de la Constitution, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Je réitère l’engagement de mon serment de ne jamais faillir à cette mission sacrée de ne jamais trahir le Congo.

Je ne laisserai aucun engagement politique, de quelque nature que ce soit primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple. je ne transigerai jamais avec les intérêts supérieurs de la Nation.  je ne céderai jamais la moindre portion de notre souveraineté nationale. je ne ménagerai aucun effort pour préserver la paix et l’unité nationale.

Eu égard à ce qui précède, et considérant que le salut du Peuple  est la loi suprême, j’ai décidé d’entamer, dès la semaine prochaine, une série de contacts visant à consulter les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs, afin de recueillir leurs opinions à l’effet de créer une union sacrée de la Nation  autour des objectifs précités.

Ces consultations visent  la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays. A l’issue de celles-ci, je reviendrai vers vous, dans une nouvelle adresse, pour vous faire part de mes décisions  qui n’excluront aucun cas de figure.

Debout Congolais,  prenons le plus bel  élan pour un Congo  fort, libre et prospère.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie

Le Président Félix Tshisekedi réitère sa détermination à fonder un Etat moderne

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réitéré  sa détermination àfonder un Etat moderne, un Etat normal et à vaincre la pauvreté, dans son allocution, à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de l’indépendance de la RDC.

« Fonder un Etat moderne, un Etat normal et vaincre la pauvreté décrétée cause nationale, constituent toujours la pierre angulaire de ma vision pour notre pays », a-t-il indiqué.

Malgré des embûches et d’obstacles, a-t-il dit, il ressent toujours au plus profond de lui la force et la détermination de ses compatriotes quand, dans un écho grandissant et permanent, ils ne cessent de lui rappeler leur leitmotiv à savoir : “le peuple d’abord”.

« A 60 ans, on n’a plus d’excuses : à 60 ans, on ne commet plus les mêmes erreurs ; à 60 ans, on sort des discours creux et répétitifs et on prêche la sagesse et la droiture par l’exemple ; à 60 ans, on pense à l’héritage et aux valeurs à léguer aux générations futures. Il est temps que nos ambitions personnelles viennent en dernier lieu et que les ambitions de notre pays soient notre priorité », a déclaré le Chef de l’Etat.

Voici in extenso l’allocution du Chef de l’Etat :

Mes chers compatriotes,

Le 30 juin de chaque année est un moment légitime pour nous tous, de célébrer et de commémorer l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. C’est aussi l’occasion de revisiter le chemin que nous avons parcouru ensemble, de prendre la mesure des défis, aux plans politique, économique et social, afin d’arrêter les voies et moyens d’offrir un meilleur avenir à notre progéniture.

Il y a soixante ans, nos pères fondateurs, parmi lesquels Joseph Kasavubu et Patrice Lumumba, sont parvenus à concrétiser la profonde aspiration du peuple congolais à l’émancipation.

Nous gardons tous en mémoire la belle histoire du 30 juin ; celle de nos deux héros, aux tempéraments différents, mais tout aussi déterminés pour la cause de l’indépendance. A cet égard, il me parait juste, 60 ans plus tard, de réconcilier ces deux approches et d’élever Joseph Kasa-Vubu, longtemps oublié, au rang largement mérité de Héros National. Dans le même ordre d’idée, je viens de signer l’ordonnance portant nomination du Maire et du Maire adjoint de Lumumbaville, dans la province de Sankuru, rendant celle-ci effective et opérationnelle.

Le Congo, ce pays voulu et créé sans nous 75 années plus tôt à Berlin, nous l’aimons et nous le chérissons, unis par le sort et ayant en partage une longue histoire commune faite de joies, de larmes, de sueur et de sang.

Sans équivoque, nos pères ont fait le choix de l’indépendance, de la dignité et de la solidarité nationale, tout en étant conscients du risque encouru par le pays quant à son devenir économique et social, faute d’une préparation adéquate de la jeune nation.

L’effondrement du socle de confiance intervenu entre les acteurs politiques nationaux dès le lendemain de la proclamation de notre indépendance, est le résultat combiné de l’inexpérience, de la jeunesse de la classe politique et du jeu malsain des convoitises extérieures.

Ce départ raté a conduit notre pays, un pays aux promesses pourtant exceptionnelles, dans une descente aux enfers qui a pu paraitre interminable et qui n’a épargné aucun secteur de la vie nationale.

Déjà avant l’indépendance, dans son discours visionnaire d’Accra en décembre 1958, Patrice Lumumba nous invitait à nous opposer de toutes nos forces à la balkanisation du territoire national sous quelque prétexte que ce soit. Effectivement, comme un serpent de mer, la menace de la balkanisation aura traversé l’histoire de ces 60 dernières années, la rendant tumultueuse et trouble, sous l’instigation de puissances extérieures, en complicité avec des enfants du pays et des pays voisins.

Loin de briser notre volonté de vivre ensemble, je voudrais que les menaces contre notre pays raffermissent les liens historiques et le sentiment patriotique, qui font de nous les filles et fils de la grande nation congolaise au cœur de l’Afrique.

Très chers compatriotes,

Au combat pour l’indépendance, s’est substitué un combat pour la démocratie, les libertés fondamentales et le progrès social, comme si, après l’indépendance, le peuple du Congo avait troqué une soumission externe contre une soumission interne.

Soixante ans durant, malgré les vicissitudes et leur cortège de conséquences douloureuses, notre patrie est restée une et indivisible. Je sais gré à toutes les filles et à tous les fils de la République qui ont lutté jusqu’au sacrifice suprême, dans leur détermination à préserver l’intégrité de notre territoire, l’unité nationale et les droits humains. Je n’oublie personne ; je pense à nos vaillants officiers et soldats qui travaillent nuit et jour dans des conditions extrêmement difficiles. Je pense à nos mamans et nos sœurs martyrisées dans leur chair. Je pense à nos enfants victimes des conflits, à qui un triste destin a arraché le simple droit d’espérer… Je pense à nos classes laborieuses, à nos paysans, à tous ceux qui chaque matin, affrontent des difficultés de tout genre pour subvenir aux besoins de leur famille. Je pense à l’ensemble de nos forces vives, et en particulier tous les combattants et martyrs de la démocratie, qui, dans la suite d’Étienne Tshisekedi d’heureuse mémoire, ont affronté les répressions les plus sanglantes, les plus barbares, depuis les temps forts de la guerre froide jusqu’à la veille des élections de décembre 2018 ; je pense à nos filles et à nos fils lâchement abattus dans les rues de nos villes et de nos villages, jusqu’à l’intérieur des églises ainsi profanées. Je n’oublie personne, je n’oublie rien ; aucune douleur, aucun déchirement ne doit être oublié. Au nom de l’ensemble du peuple congolais, je m’incline une fois de plus devant leur bravoure. Leur héroïsme nous a permis de franchir une étape importante dans notre marche vers l’instauration d’une Nation respectueuse de la personne humaine et du caractère sacré de la vie.

Mes très chers compatriotes,

« A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaitre à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté ».

Cet appel prophétique lancé par Patrice Emery Lumumba le 30 juin 1960, je vous demande de le graver indélébile dans votre conscience, car plus que jamais, il demeure d’actualité.

Dans sa longue quête pour la démocratie et l’État de droit, notre peuple a enduré les pires atrocités, crimes contre l’humanité et pillages de ses ressources.

Aujourd’hui, 60 années plus tard, le devenir de la Nation est toujours entre les mains d’une classe politique, toutes tendances confondues, qui demeure versatile, et qui peine à arracher la Nation du cercle vicieux de l’instabilité et de la pauvreté.

Jugez vous-même de notre héritage commun, 60 ans après : Alors que le revenu moyen par habitant était de 1000 dollars américains en 1960, il est estimé à 400 dollars américains aujourd’hui, en termes constants ; autrement dit, le congolais moyen a perdu 60 % de sa richesse au cours des 60 dernières années.

Notre pays est paradoxalement aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du continent, alors qu’il fut l’un des plus riches il y a 60 ans. Notre réseau routier ne représente plus que 10 % de ce qu’il était en 1960 et le réseau ferroviaire que 20 %.

Mes chers compatriotes,

Au lendemain de mon accession à la Magistrature suprême, me conformant à mes obligations constitutionnelles et m’acquittant de mon devoir de redevabilité, j’ai prononcé, le 13 décembre 2019, un discours sur l’état de la Nation, devant les chambres du Parlement réunies en Congrès.

Devant les honorables Députés et Sénateurs, j’ai eu l’honneur et la fierté de faire un tour d’horizon complet des principaux secteurs de la vie nationale autour des actions prioritaires de mon quinquennat, contenues dans le Programme du Gouvernement. Il s’agit sur le plan politique du rétablissement de la paix et de l’instauration d’un Etat de droit ; sur le plan social, il y a notamment la gratuité de l’enseignement, la couverture sanitaire universelle et les logements sociaux ; sur le plan économique, la priorité a été donnée à l’accès à l’électricité et à l’eau potable, aux infrastructures et la transformation structurelle de l’économie par sa diversification.

Mes chers compatriotes,

Au moment où nous célébrons le 60ème anniversaire de notre indépendance, je note que des pas importants ont été franchis.

A l’Est du pays, aux Nord et Sud-Kivu, les groupes armés locaux et étrangers ont subi ces derniers mois une forte pression et enregistré des lourdes pertes. Plusieurs combattants issus de leurs rangs ont été soit capturés, soit démobilisés ou arrêtés, soit rapatriés dans leurs pays d’origine.

Les ADF sont à ce jour nettement affaiblies et délogées de tous leurs sanctuaires dans le territoire de Beni. L’armée réussit à déjouer plusieurs attaques terroristes de cette force du mal qui, de manière très isolée, mènent des attaques ciblées contre les populations civiles. Je salue les efforts de nos officiers et nos troupes sur le terrain et ma détermination d’en finir reste vive.

En Ituri, la F.R.P.I est engagée dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion en cours de mise en œuvre. Ceci après la signature d’un accord de paix avec le Gouvernement.

Dans l’ensemble, des mesures non militaires sont davantage requises pour une meilleure mobilisation des communautés locales dans la lutte contre les forces négatives.

Je réitère mon appel à tous les autres groupes armés afin de déposer les armes et de choisir la voie de la paix, sous peine de s’exposer aux actions coercitives de l’armée et à des poursuites judiciaires.

Je condamne fermement les massacres des populations par des miliciens en Ituri, aux Nord et Sud-Kivu. Tout en exprimant ma compassion aux familles durement touchées par cette barbarie ignoble, je les assure que ceci ne restera pas impuni.

Chers compatriotes,

Comme je m’y étais engagé, l’établissement d’un État de droit est en marche dans notre pays. Le citoyen congolais a retrouvé la pleine jouissance de ses libertés fondamentales : de manifester, de résider dans son pays, de ne pas être arrêté pour des raisons politiques.

La Justice recouvre peu à peu son indépendance. Les avancées enregistrées l’ont été au prix de sacrifices extrêmes. Elles ne peuvent être annihilées par des manœuvres d’arrière-garde qui s’observent chez certains de vouloir légiférer pour déposséder le Conseil Supérieur de la Magistrature du pouvoir judiciaire qu’il détient pourtant par la Constitution.

Point n’est besoin de vous rappeler que la justice élève une nation. La justice est pour un État de droit ce que le sang est pour le corps humain. Voilà pourquoi j’estime que les réformes dans ce secteur doivent être dictées, non pas par le souci de s’assurer une protection d’une personne ou d’un groupe de personnes, mais plutôt par le souci d’apporter plus d’efficacité et d’efficience au fonctionnement de la justice.

En considération de ces éléments, je n’accepterai sous aucun prétexte des réformes dans ce secteur qui, par leur nature et contenu, viendraient porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice tels que prévus dans notre Constitution, notamment l’indépendance du pouvoir judiciaire, du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, le pouvoir régalien de nomination des magistrats, la gestion du pouvoir judiciaire confiée au Conseil supérieur de la Magistrature et bien d’autres.

Je m’étais également engagé à rendre l’enseignement de base obligatoire et gratuit pour tous. A ce jour, fréquenter l’école est devenu une réalité pour nos enfants, quelle que soit leur condition sociale.

En effet, jusqu’à la rentrée scolaire de 2019, notre pays était l’un des derniers au monde où l’école primaire était encore payante. Les parents finançaient les 2/3 des coûts de scolarité et 4 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés en 2018, parce que les parents devaient choisir entre les nourrir ou les faire étudier.

Depuis que nous avons lancé cette grande réforme pour la gratuité, 2,5 millions d’enfants supplémentaires ont pu retrouver le chemin de l’école. Cependant, cet engouement salutaire met en exergue deux autres importants défis que nous devons relever ; celui des infrastructures d’accueil et celui de la qualité de l’enseignement. Quelles qu’en soient les difficultés, nous sommes sur la bonne voie et nous restons déterminés. Nous pouvons nous réjouir de bénéficier du concours sans précédent de la solidarité internationale pour la prise en charge de cette réforme dont le coût est supérieur à 1 milliard de dollars par an.

Mais il nous faudra davantage mobiliser nos ressources internes à travers l’impôt, pour soutenir à long terme l’éducation de nos enfants. Il s’agit d’une responsabilité collective et prioritaire, qui doit interpeller chaque citoyen.

J’ai également pris l’engagement de mettre un terme à l’impunité, pour donner un sens à la lutte contre la corruption et les anti-valeurs, car celles-ci sont à la base de presque tous les maux dans les différents secteurs de la vie nationale.

Quelques mois après mon avènement, des Ministres du gouvernement central et des ministres provinciaux ont été suspendus de leur fonction, déférés devant la justice et condamnés pour des faits de corruption et d’abus d’autorité.

Aussi ai-je, à cet égard, créé par ordonnance datée du 28 mars dernier une Agence de prévention et de lutte contre la corruption (en abrégée A.P.L.C), qui a pour mission de prévenir et de lutter contre la corruption qui gangrène le pays, en amont de l’action des institutions judiciaires.

Sur le plan économique, j’ai fait de l’accès à l’électricité une priorité. Plusieurs projets publics et privés sont en cours de démarrage, notamment une centrale solaire de 1.000 Mégawatts à Kinshasa et d’autres à l’intérieur du pays. En outre, au-delà des conférences et débats publics sur la question, le méga projet du grand Inga est au cœur de tractations susceptibles de lui donner un coup d’accélérateur inespéré.

Mes chers compatriotes,

Le courage, disait Jaurès, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel.

Notre pays a failli à son devoir de donner à la jeunesse une perspective crédible autre que de vouloir s’agglutiner au sein des institutions politiques et publiques, comme si leur avenir n’existait qu’en faisant de la politique. En soixante années, nous avons progressivement laissé notre classe politique se transformer en une sorte de maffia, et nous en avons fait le principal modèle de réussite pour cette jeunesse. Il est temps de changer de paradigme et de créer les conditions qui permettront à nos jeunes de devenir les principaux créateurs de richesses dans notre pays ; cette jeunesse talentueuse, pleine d’énergie et avide de savoir, pour laquelle nous avons engagé le pays dans la transformation digitale, à travers l’ambitieux Plan national du numérique Horizon 2025.

Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, notre pratique de la politique a eu pour principal effet de diluer l’efficacité, de diluer les responsabilités et, au final, de desservir au lieu de servir.

La lutte contre l’impunité, contre la corruption et les anti-valeurs, constituent les éléments centraux de ma stratégie, sans lesquels tout réel espoir de changement est impossible.

Mais dès lors que nous avons en toute conscience choisie de privilégier la réconciliation nationale pour mieux construire l’avenir et préserver la paix, la lutte contre l’impunité ne doit en aucun cas se transformer en vengeance, ni en chasse aux sorcières.

De même, aucune réconciliation crédible ne peut être envisagée si nous continuons avec les pratiques anciennes de la corruption, de la ruse et du crime. L’engagement que j’ai pris devant vous, devant ma conscience et devant Dieu, c’est de donner la chance à tous les congolais, sans exclusive, d’envisager l’avenir en toute liberté et en toute quiétude, mais sur de nouvelles bases morales. En aucun cas cet engagement ne peut signifier la poursuite de l’impunité. M’inspirant des saintes écritures, mon objectif n’est pas de voir les méchants périr, mais plutôt qu’ils changent, qu’ils soient sauvés et que le pays tout entier s’en réjouisse.

A défaut, ils s’exposeront à la rigueur de la loi. Celle-ci étant faite pour révéler la faute, j’accorde à la restauration de l’État de droit la première des priorités dans mon combat pour l’édification d’un nouveau Congo.

J’ai entendu certains parler avec ironie ou crainte de la République des juges.

La réalité est plutôt que le pouvoir judiciaire demeure confronté à de nombreux défis en termes de ressources, de capacités et d’indépendance. La République Démocratique du Congo ne compte actuellement que 1 magistrat pour 28 000 habitants, alors qu’un ratio minimum de 1 magistrat pour 5.000 habitants est considéré comme étant la limite de la couverture requise par les standards définis par l’Association Internationale des Magistrats. La dernière grande vague de recrutement des magistrats en République Démocratique du Congo date de 2011. Nous avons donc un grand retard à rattraper.

Mes chers compatriotes,

J’ai à cœur l’ensemble de vos aspirations pour un Congo meilleur, un Congo paisible, plus juste et plus équitable. Qu’il s’agisse de la réforme en cours de la justice, que je compte poursuivre et approfondir, de l’indispensable rattrapage en matière d’infrastructures de base, de l’accès à la santé, de la pacification intégrale du pays ou de la préservation de l’environnement, le Congo a grandement besoin de ressources et de méthodes, pour poursuivre avec succès la mise en œuvre du programme pour lequel vous m’avez élu.

Je souhaite que l’expérience douloureuse révélée au cours du procès en rapport avec le Programme des 100 jours tourne définitivement la page de la longue série de projets et programmes qui, à travers l’histoire de notre pays, ont donné lieu à d’importants coulages des ressources publiques en toute impunité.

Je pense notamment au Projet de Bukangalonzo, aux multiples cessions d’actifs miniers, aux projets de construction d’infrastructures routières, aéroportuaires et j’en passe. Le défi du Congo, le défi du peuple congolais, c’est de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. A tout prix, nous devons y parvenir et nous allons y arriver.

J’appelle le gouvernement de la République à engager des réformes sur l’ensemble de la chaine de la dépense, afin que nos ressources publiques soient désormais mieux préservées et mieux utilisées.

Mes chers compatriotes,

Alors que nous nous étions engagés à faire de 2020 une année de l’action décisive, la force du destin a fait coïncider cette année du soixantième anniversaire avec l’une des crises sanitaires et économiques les plus intenses que notre civilisation ait connue ; l’apparition de la Covid-19. Cette crise est également un rappel à l’humilité que nous devons adopter face à l’accélération imprévue du mouvement de l’histoire.

La covid-19 qui affecte aujourd’hui tous les continents et qui frappe indistinctement tous les habitants de la planète, représente la plus grave crise sanitaire qu’ait connu le monde depuis la grippe espagnole.

Toutes les certitudes idéologiques sur lesquelles est fondé l’ordre économique mondial sont aujourd’hui remises en question. Pour s’adapter à cette nouvelle donne et offrir à ses Etats membres la possibilité d’investir massivement dans la lutte contre la covid-19, l’Union Européenne ainsi que la Banque centrale européenne, ont revu et assoupli de manière exceptionnelle leurs règles et pratiques en matière budgétaire et d’endettement.

Lorsque notre pays a été frappé à son tour par cette pandémie de covid-19, j’ai dans mes messages du 18 et 24 mars 2020, annoncé les mesures de prévention et de protection contre ce virus en même temps que j’ai déclaré l’état d’urgence conformément aux dispositions pertinentes des articles 85, 144 et 145 de notre Constitution.

La pandémie du coronavirus nous a une fois de plus rappelé à quel point nous étions dépendants de l’extérieur et combien nous pouvions être vulnérables à cause d’un système de santé déficient.

Et pour atténuer les impacts immédiats de la covid-19 dans notre pays, j’ai immédiatement engagé le gouvernement à prendre des mesures pour assurer la prise en charge sanitaire des personnes affectées par la pandémie, ainsi que pour garantir la continuité de l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. L’ensemble de ces dispositions ont permis de réduire très sensiblement le taux de létalité de la pandémie dans notre pays. Celui-ci est passé de 10 % de décès dans les premiers jours à moins de 2,5 % actuellement.  Au niveau économique, la pandémie nous a rappelé l’excessive dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur. Ainsi, quelques grands projets agricoles ont été initiés, pour renforcer notre autosuffisance alimentaire. Trente-trois mille hectares à travers le pays ont été affecté aux cultures vivrières et commencent à produire leurs premiers résultats, dont 3000 tonnes de riz à Kimpese, 4000 tonnes de paddy à Nkuni. Nous attendons de récolter et transformer bientôt le manioc planté sur 800 hectares à Wangata.

Afin de consolider cet élan sur les plans sanitaire et économique, j’ai lancé le 18 juin 2020 un programme multisectoriel d’urgence dont le coût est estimé à 2,6 milliards de dollars américains.

Il va sans dire que dans ce contexte de crise, il est également urgent de procéder à des économies partout où nous pouvons en réaliser, en commençant par les institutions politiques, afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires pour assurer les dépenses sociales en faveur des catégories les plus fragiles.

Mes Chers compatriotes,

A sa création en marge de la conférence de Berlin en 1885, notre pays a été baptisé « Etat Indépendant du Congo ». Loin de pouvoir caractériser la souveraineté des peuples qui y habitaient et qui venaient d’être soumis à un régime de colonisation, cette dénomination a symbolisé la volonté de son propriétaire d’alors, le monarque belge Léopold II, de transformer notre pays naissant en zone de libre-échange économique au profit des puissances occidentales de l’époque.

C’est ainsi que notre pays a toujours été un centre d’enjeux planétaires qui le dépassent, au point que c’en est devenu son ADN, la source de ses joies et ses peines. C’est pourquoi, tirant les leçons de l’histoire, j’ai résolument engagé la République dans la voie de l’ouverture internationale, dans l’unique but de préserver les intérêts supérieurs de mon pays et de mon peuple.

C’est dans ce contexte que j’estime nécessaire que notre histoire commune avec la Belgique et son peuple, soit racontée à nos enfants en République Démocratique du Congo ainsi qu’en Belgique sur la base d’un travail scientifique réalisé par les historiens des deux pays.

Mais le plus important pour l’avenir, c’est de bâtir des relations harmonieuses avec la Belgique parce qu’au-delà des stigmates de l’histoire, les deux peuples ont su construire une relation forte que j’ai pu vivre personnellement lors de mon exil en Belgique, mon autre Congo.  C’est ainsi que, n’eut été la pandémie de la Covid-19, j’avais prévu de commémorer les 60 ans de notre indépendance ici à Kinshasa avec comme invité spécial le Roi Philippe de Belgique qui, tout comme moi, cherche à renforcer les liens entre nos deux pays sans renier notre passé commun mais dans l’objectif de préparer un avenir radieux et harmonieux au profit de nos deux peuples.

J’ai parcouru le monde durant ces 17 derniers mois pour porter mon message, que dis-je, notre message, celui de l’aspiration du peuple congolais à la paix ; une paix sincère et durable avec tous, dans le cadre d’une coopération économique fondée sur des intérêts mutuels bien compris.

J’ai reçu partout un accueil enthousiaste, parfois au-delà de mes attentes, et la voix de la République Démocratique du Congo dans le concert des Nations compte désormais plus qu’avant.

Notre pays naguère victime de guerres d’agression, assure désormais des médiations de paix et offre ses bons offices, notamment entre l’Égypte et l’Éthiopie, en rapport avec le différend relatif aux eaux du bassin du Nil, ou encore aux côtés de l’Angola, pour la recherche de la paix entre le Rwanda et l’Ouganda, dans l’intérêt de la paix dans l’ensemble de la sous-région des Grands-Lacs.

Mes nombreux déplacements ont également hissé la coopération au développement en faveur de la République Démocratique du Congo à un niveau sans précédent. Rien que pour la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, depuis février 2019 jusqu’à ce jour, notre pays a mobilisé plus de 3,4 milliards de dollars en dons et en prêts approuvés par ces 2 institutions, desquels environ un milliard ont déjà été décaissés.

Au niveau bilatéral, les nouveaux engagements financiers généré en faveur du Congo à la suite de cette intense activité diplomatique dépassent le milliard de dollars, dont plus de 600 millions rien que pour les États Unis d’Amérique, pays avec lequel nous avons établi une relation privilégiée et stratégique.

J’ai cependant constaté que les flux d’aide publique approuvés en faveur de la République Démocratique du Congo tardent souvent à être décaissés, parfois jusqu’à 11 mois de retard, à cause des pesanteurs inexplicables, voire inacceptables, liées aux formalités administratives et législatives de mise en vigueur des différents accords de dons ou de prêts. L’urgence de nos défis économiques et humains ne peut continuer de s’accommoder de tels atermoiements funestes.

Mes chers compatriotes,

Je suis bien conscient que, dans votre fierté légendaire, vous ne pouvez-vous contenter d’une situation de dépendance structurelle à l’aide publique internationale. C’est pourquoi je nous invite à concentrer l’essentiel de notre fierté nationale à promouvoir le sens de la valeur du travail, la création de la richesse, le paiement d’un impôt juste et l’exercice de la solidarité nationale.

Mes très chers compatriotes,

Alors que l’œuvre du redressement de notre pays postule le rassemblement de toute la nation autour de l’essentiel,nous devons affronter en même temps les contingences imposées par cette expérience inédite de coalition politique formant la majorité. Il est important que cette expérience inédite et sensible, mais que nous voulons salutaire, ne conduise à aggraver les problèmes de notre société en créant ou en renforçant l’hostilité mutuelle et la méfiance.

Comme il y a 60 ans, étrange répétition de l’histoire, il y a une majorité parlementaire et un Président de la République qui viennent de composantes politiques différentes, jadis en opposition frontale. N’est-ce pas un sort de l’histoire, afin que nous réparions le péché originel qui a entrainé notre pays dans une succession de crises ? C’est pourquoi, en tant que garant constitutionnel du bon fonctionnement des institutions, je ne ménagerai aucun effort pour m’assurer, via un dialogue interinstitutionnel régulier, qu’aucune crise inutile ne puisse perturber la stabilité du pays, si importante pour son essor.

Permettez-moi néanmoins de saisir cette occasion symbolique de commémoration de l’indépendance pour réaffirmer qu’aucune majorité politique ou parlementaire, d’où qu’elle vienne, ne peut outrepasser les principes fondateurs de la République qui sont à la base du Pacte social tel que consacré dans la constitution du 18 février 2006, à savoir : un État de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible, social, démocratique et laïc.

Mes chers compatriotes,

J’observe souvent la ferveur avec laquelle nombre de mes concitoyens s’indignent lorsqu’il est porté atteinte aux droits et libertés des personnes de couleur sous d’autres cieux, notamment dans les vieilles démocraties.

Mais comment comprendre que ces mêmes concitoyens se retrouvent parfois parmi ceux qui attisent le plus le tribalisme et la haine lorsqu’il s’agit de la vie de nos compatriotes ?

Je combattrai avec la dernière énergie la résurgence de ces fléaux qui pourraient menacer le vouloir vivre collectif si chèrement acquis.

Mes très chers compatriotes,

Qu’est-ce que 60 ans dans la vie de notre nation ? Molière nous rappelle à juste titre que 60 ans, c’est la fleur de l’âge, qui nous fait entrer maintenant dans la belle saison.

Soyons tous interpellés par les défis majeurs auxquels notre pays est toujours confronté, notamment celui de la maximisation des recettes publiques.

Pour assurer la réussite du Programme du Gouvernement, je n’ai cessé d’exhorter ses membres et mes concitoyens à œuvrer à la restauration de l’État de droit, afin d’accélérer les flux d’investissements privés, qu’ils soient internes ou externes, ainsi que pour maximiser la mobilisation des recettes fiscales, pierre angulaire des ressources publiques.

Très chers compatriotes,

Fonder un État moderne, un État normal et vaincre la pauvreté décrétée cause nationale, constituent toujours la pierre angulaire de ma vision pour notre pays. Sur ce chemin encore parsemé d’embûches et d’obstacles, je ressens toujours  au plus profond de moi la force et la détermination de mes compatriotes quand, dans un écho grandissant et permanent, ils ne cessent de me rappeler leur leitmotiv à savoir : le peuple d’abord.

Oui, « le peuple d’abord » est la boussole de notre action et la mesure de notre détermination. C’est vous dire que l’intérêt du peuple congolais constitue et constituera toujours le fil conducteur de toutes les réformes que j’entends voir le gouvernement de la République accomplir tout au long de mon mandat.

A 60 ans, on n’a plus d’excuses : à 60 ans, on ne commet plus les mêmes erreurs ; à 60 ans, on sort des discours creux et répétitifs et on prêche la sagesse et la droiture par l’exemple ; à 60 ans, on pense à l’héritage et aux valeurs à léguer aux générations futures. Il est temps que nos ambitions personnelles viennent en dernier lieu et que les ambitions de notre pays soient notre priorité.

Très chers compatriotes,

C’est pour vous, avec vous et dans votre intérêt, que nous allons réussir le mandat que vous m’avez confié.

Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous !

Vive la Nation congolaise unie et forte !

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo ;

Je vous remercie

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